Contrainte oulipienne n° 1 : le lipogramme

Durée de lecture : 3 minutes

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Pour ceux qui l’ont manqué, je vous invite à lire mon billet sur l’OuLiPo. Comme je vous l’ai promis, je vous propose de vous joindre à moi pour partir à la rencontre des contraintes oulipienne. Si le cœur vous en dit, vous pouvez même vous essayer à devenir, pendant quelques lignes, un oulipien !

La première contrainte que j’ai décidé, assez naturellement, de mettre à l’honneur est le lipogramme. Pourquoi naturellement ? Parce que c’est peut-être celle qui est la plus populaire, grâce au livre de Georges Perec, La disparition. Tout l’ouvrage a été écrit sans utiliser une seule fois la lettre e.

Pas. Une. Seule. Fois.

Découvrons ensemble le lipogramme !

Un lipogramme, c’est quoi ?

Un peu d’étymologie pour commencer. Le mot est dérivé du grec leipogrammatikos, de leipein (enlever, laisser) et gramma (lettre). Le lipogramme est un texte dont on a délibérément exclu une ou plusieurs lettres de l’alphabet. Il existe d’autres contraintes à base d’exclusion : lipossible, liponymie… Nous y reviendrons probablement dans de prochains billets !

Le lipogramme peut concerner n’importe quelle lettre de l’alphabet, mais plus la lettre choisie est utilisée en français, plus le lipogramme vous obligera à vous creuser la tête !

À titre d’information, la lettre qui est le plus souvent employée en français est le e, sans grande surprise, avec 14,7 % de fréquence. Il est suivi des lettres s, a, r, t, i, n, u, l, o, d et c.

Voilà déjà de quoi s’amuser. Sauf, bien sûr, si vous choisissez d’exclure le w, ce qui rendrait l’exercice ni très compliqué ni très intéressant… C’est peut-être pour cette raison, pour donner un réel sens à son travail, que Georges Perec a décidé d’éliminer le e de son ouvrage.

Quelques exemples de lipogramme

Dans mon premier billet, j’avais cité l’extrait d’un lipogramme créé quand j’étais adolescente. C’est à l’occasion de cet exercice que j’avais découvert l’OuLiPo. J’avais écrit un quatrain en alexandrins, sans un seul e. En voici le début : « Un joli chat noir, assis sur un grand lit… »

Sur le site officiel de l’OuLiPo, quelques exemples sont proposés :

Ces deux extraits ont été écrits par la prolifique Michèle Audin, qui est mathématicienne lorsqu’elle ne joue pas avec les mots.

Comment créer un lipogramme ?

Je ne suis pas sûre que les oulipiens eux-mêmes aient des « méthodes » pour suivre leurs contraintes, même s’ils se les sont imposées. Alors, moi… encore moins ! Ce que je peux vous dire en revanche, c’est que pour le lipogramme particulièrement (la contrainte que je connais le mieux), je ne me focalise jamais sur une trame, sur une histoire. Bien sûr, cette ébauche de technique n’engage absolument que moi, qui ne suis même pas oulipienne.

Personnellement, je pars d’un mot. Et des mots sans e (si je veux faire un lipogramme en e, le roi des lipogrammes !), il en existe beaucoup : ils, nous, vous, voici, voilà, pourquoi, un…

Une fois mon premier mot trouvé, je laisse vagabonder mon esprit… Après « ils », il me faudrait un verbe : font, vont, sont… Et ainsi de suite, tant que la phrase reste cohérente.

Voici un exemple que j’ai imaginé spécialement pour ce billet :

« Fini son joli caban noir, fini son pantalon gris… Puisqu’il a grossi, il va lui falloir un habit plus grand ! ».

Bien sûr, ça ne vous aura pas échappé, je ne suis pas Georges Perec. Mais finalement ça n’est pas complètement dénué de sens.

Pour plus de facilité, surtout pour commencer, on peut choisir une autre lettre que le e. Le l, par exemple :

« Je suis épuisée, ce gamin m’aura tout fait, vivement que mon fiston parte en vacances ! »

Alors, êtes-vous prêts pour vos premiers lipogrammes ?

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